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Article publié sur Euractiv le 15 janvier 2010.
Au cours de son audition devant les parlementaires européens, jeudi 14 janvier, le commissaire désigné en charge de la Politique régionale, l’Autrichien Johannes Hahn, a tenu à rassurer les partisans de la politique cohésion.
"Y a-t-il une alternative à la politique régionale ? Oui, une politique régionale encore meilleure" a-t-il affirmé, en précisant qu’il était hostile à toute "renationalisation" de celle-ci.
De quoi rassurer les défenseurs d’une politique de cohésion ambitieuse pour l’après-2013. Le projet de réforme officieux du budget, qui est passé de main en main au mois d’octobre, est encore dans toutes les têtes.
"Je veux être le père des régions" a-t-il déclaré. "Les pères ont tous intérêt à ce que leurs enfants évoluent bien. Mais parfois, ils doivent leur dire quand les choses ne vont pas."
Au cours de son mandat, Johannes Hahn défendra également une stratégie du Danube pour la période 2014-2020. Réunissant 14 pays traversés par le fleuve, dont six non-membres de l’UE, cette stratégie a pour objectif d’engager les municipalités, les régions et les Etats à résoudre des problèmes communs. Les priorités de ce projet devraient officiellement être déterminées d’ici à la fin janvier.
Le commissaire désigné a également annoncé son intention de faire de l’urbanisation l’une de ses priorités. "Je souhaite immédiatement me lancer dans une politique de consultation de grande ampleur sur l’urbanisation".
Autre problème à affronter : la simplification des méthodes d’attribution et de gestion des fonds régionaux. "Le bénéficiaire final a besoin de régularité. Il ne faut pas qu’il ait sans cesse à étudier de nouvelles règles" a-t-il préconisé.
Mais cette revendication récurrente des acteurs régionaux se heurte à la nécessité de renforcer les contrôles, quelques mois après un rapport de la Cour des comptes européenne dénonçant 11% d’erreurs dans l’utilisation des fonds.
"Une administration financière saine n’est pas en contradiction avec des règles simplifiées" a-t-il néanmoins souligné, en plaidant pour une gestion efficace des biens du contribuable. "Je rêve que tout le contrôle financier opérationnel soit fait par les Etats membres afin que nous, Commission et Parlement européen, puissions nous concentrer sur le fond", a-t-il dit.
Pour l’avenir, il a également défendu un maintien des structures actuelles de la politique régionale européenne. "A l’avenir, on ne peut modifier ni les structures, ni les compétences de base de la politique de cohésion." Une manière de dire qu’il est hors de question d’exclure le Fonds social européen (FSE) de la politique régionale.
Interrogé sur la possibilité de publier un Livre blanc sur la cohésion territoriale, le commissaire désigné à laisser poindre sa perplexité : "Je ne m’oppose pas à un livre blanc sur la cohésion territoriale. Mais il faut se souvenir qu’un rapport [le cinquième rapport sur la cohésion territoriale, NDLR] sur le sujet est prévu à l’automne". Il a également reconnu que la définition de la cohésion territoriale était encore très floue.
Né en 1957 à Vienne, Johannes Hahn est un universitaire de formation.
Mais ce docteur ès philosophie a longtemps côtoyé le monde de l’industrie. De 1985 à 1987, il travaille à l’Union des industriels autrichiens, avant de devenir secrétaire général du Forum des professionnels des cadres autrichiens, puis de reprendre des fonctions dans l’industrie autrichienne.
C’est en 1992 qu’il entre réellement en politique en devenant directeur administratif du Parti populaire autrichien de Vienne. Il est ensuite élu devient député du Land de Vienne de 1996 à 2003, avant d’entrer au gouvernement de ce même Land.
En 2007, enfin, il devient ministre fédéral des Sciences et de la recherche. Dans ce cadre, il crée le «groupe de Salzbourg» qui réunit de manière informelle des ministres de plusieurs Etats d’Europe centrale et méridoniale (Pologne, République
tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie -, Roumanie, Bulgarie, Chypre, Malte et Suisse).