http://www.europe-centre.eu/fr/32/0/141/projet_finance.html
Pour mener à bien leurs recherches, des enseignants-chercheurs ainsi que des étudiants induisent des tumeurs mammaires chez des rats.. Une fois la tumeur mammaire développée, les chercheurs travaillent sur différents traitements pour bloquer et réduire cette tumeur.
Pour cela, ces rongeurs sont traités par chimiothérapie et suivent des régimes alimentaires bien spécifiques : certains suivent un régime sans oméga-3, d’autres un régime riche en Oméga 3. Chez les rats qui suivent le régime sans oméga-3, la croissance de la tumeur est stoppée ; toutefois elle ne diminue pas. Tandis que chez les rats qui ont le régime riche en huiles d’origine marine contenant du DHA (acide docosahexaénoïque), il est constaté une régression nette de la tumeur. Les acides gras ajoutés aux traitements permettent ainsi une amélioration de l’efficacité de la chimiothérapie. Ces effets sont obtenus grâce au DHA, qui a comme capacité d’augmenter la toxicité des agents anticéreux uniquement dans les cellules tumorales Cet acide gras contrôle également le développement des vaisseaux sanguins irriguant la tumeur ce qui favorise une réponse accrue des tumeurs à la chimiothérapie.
Comme l’explique Karine Mahéo, chercheuse et maître de conférence, « Aujourd’hui nous savons que le DHA modifie les propriétés des cellules vasculaires et qu’il permet une diminution de la vascularisation de la tumeur. A notre niveau, nous cherchons plus précisément à savoir quelle est la cible protéique du DHA dans les cellules vasculaires ».
Philippe Bougnoux, directeur de cette équipe de recherche et cancérologue au CHU de Tours s’occupe du transfert à la clinique. « Un premier essai a inclus 25 patientes, ayant développées des métastases. Ces patientes traitées par chimiothérapie ont reçu une supplémentation en DHA. Le DHA alimentaire est bien toléré et semble augmenter la survie de patientes. Un essai de phase III sur un plus grand nombre de patientes est à présent envisagé. Nous sommes optimistes, c’est un projet plein d’espoirs ! » indique Karine Mahéo
Le Centre de Recherches Biologiques (CERB), situé à Baugy dans le département du Cher, est un partenaire industriel important dans le projet SIPOLY. Cette collaboration ouvre des perspectives professionnelles pour les étudiants formés en région Centre qui reçoivent une bourse pour leur thèse.
Le soutien du FEDER a permis le recrutement d’une technicienne pendant deux ans ainsi que la gratification des étudiants stagiaires. Le FEDER a également permis l’achat d’un équipement de culture cellulaire. « Sans l’aide de l’Europe nous n’aurions pas pu développer l’aspect vasculaire de notre projet » poursuit Karine Mahéo.
Le programme SIPOLY est ambitieux et plein d’avenir ! Il ouvre la perspective de retombées thérapeutiques importantes. Il contribue à démontrer que les lipides d’origine marine sont des molécules fortement valorisables pouvant être associées aux traitements anticancéreux pour améliorer leur efficacité.
Ce projet est également valorisant car il est exemplaire en matière d’égalité homme/femme. « Ici, la femme est placée au cœur d’un projet ambitieux » conclut Karine Mahéo.